10.07.2009

Parc à thème II. Aujourd'hui, la campagne jolie

Pieter GIJSELS (1621-1690, Anvers) Paysage d’été, huile sur cuivre.jpg

 

C’est encore tout énervé par ma chronique «Figurant de parc à thème » que je suis tombé chez Martin Lothar et son manuel de survie (à qui j’avais déjà piqué la vieille moche) sur ce tableau de Pieter GIJSELS (1621-1690, Anvers) titré : « Paysage d’été », mais que perso, j’aurais intitulé : « Oh chéri regarde : des gueux ! »

 

Ça va être le tour de Pierter d’en prendre injustement pour son grade, mais, effet de ma bile échauffée ou non, je trouve sa campagne d’été proprette. Y’a rien qui dépasse et surtout pas la mauvaise herbe de la lutte des classes. C’est une campagne de carte postale, qui préfigure celle de Marie Antoinette : Prise de passion pour le Petit Trianon, la Reine Marie-Antoinette y fit créer (dans les années 1780) un véritable hameau avec tous les bâtiments d’une ferme modèle : chaumières, colombier, moulin et une laiterie.

Loin des rumeurs de la Cour, elle peut y jouer à la fermière, entourée d’amis proches, telle la duchesse de Polignac ; la reine et ses amies jouent les bergères, vêtues de toilettes légères, blanches de préférence et coiffées de capelines fleuries. Venus de Suisse, des petits troupeaux de vaches et de moutons égaient les pelouses ; les moutons ont le cou orné d’un noeud de satin.

C’est donc bien à une mise en scène, à une représentation de la campagne à laquelle nous assistons en regardant ce tableau. Ça me parait particulièrement évident avec l’histoire qui nous est racontée à droite : « La campagne ? Tu attends que les fruits de l’arbre en face de chez toi soient murs, puis tu n’as plus qu’à les récolter à pleins paniers pour les vendre aux gens qui passent. En plus, tu peux en donner à bouffer aux gamins, c’est pratique. »

 

On cherchera en vain à identifier l’arbre en question. On remarquera juste que toute personne sensée, si elle voulait en récolter les fruits, ne l’aurait pas laissé pousser au point qu’il ne tienne même plus dans le tableau. Le reste est à l’avenant. C’est dire qu’entre la campagne et l’idée de campagne à l’usage de ceux pour qui elle n’est supportable que l’été quand il ne pleut pas, y’a un monde.

 

Aux lecteurs contemporains qui auraient sur le sujet la tête encore joliment plantée de potagers et toute bruissante de basse-cour, on conseillera ce reportage vu sur le net (Our Daily Bread Pt 1) filmant sans aucun commentaire et sans agressivité particulière d’ailleurs, les conditions de production de notre bouffe actuelle, celle que vous et moi achetons en grandes surfaces. J’ai encore en tête un aspirateur à poulets vivants, des tapis roulants charriant des flots de poussins traités comme de la matière première et le regard fou d’un bœuf qui allait mourir et le savait.

 

 

(On peut également poursuivre avec les "Our daily bread Pt 2, 3 et suivants...)

 

 

Publié dans Amour vache | Commentaires (0)

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