29.09.2009
T'as pas fait ça ?!

eeeh si ! J’ai réattaqué face Nord le cycle de « La tour sombre » de Stephen King. À ceux d’entre vous qui ignoreraient comment on attaque un livre « face Nord », je donne le truc : on le laisse une nuit au congélateur. C’est donc reparti pour le premier volume, contenant Le pistolero, Les trois cartes et Terres perdues soit une première tranche de 1162 pages. Puis ce sera Magie et cristal, 667 pages, puis Les loups de la Calla, 668, puis Le chant de Susannah, 524 et enfin La tour sombre, 952 soit 3973 pages pour un poids total couvertures comprises de 4950 grammes. Rhô, ben à raison d’une centaine de pages par semaine, ce qui est mon rythme quand je ne lis qu’avant de dormir (mon record perso est à six cent pages en un samedimanche) ça nous met le bout du bout dans même pas un mois et demi !
♣ (29/07/2009)
L'illustration de cette note consiste en une planche de la BD tirée de la saga, sur laquelle j'ai rajouté la première phrase du premier livre.
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28.09.2009
Chez Mémé

l faudrait inventer une nouvelle unité de mesure. Elle serait double, un peu comme les kilomètres par heure. Cette nouvelle unité exprimerait le rapport entre le mauvais goût et l’encombrement. Non parce qu’un objet MOSH au kilomètre carré, on pourrait toujours s’en accommoder, changer de trottoir, faire un détour par le Ténéré, s’arranger. Mais quand la distance entre chaque rétrécit, puis qu’ils se touchent, puis forment des states, des épaisseurs, des bouffissure, des amas, des magmas ? Les considérer à l’unité de convient plus, ça devient une question d’ensemble, un problème global.
Chez Lou, on a décidé de diluer. L’aperçu sur sa bibliothèque ne laisse aucun doute sur cette stratégie de répartition. On met un objet MOSH de loin en loin, cernés par d’autres ayant valeur d’antidote, d’opposé, de garde-fous. On disperse, on ventile, pour parodier Audiart. Ses lapins sont atroces, certes, mais la littérature qui les cerne ne l’est pas (C’est une hypothèse, on ne voit pas bien les titres. Disons qu’elle l’est moins.) et le fer à repasser en bonne vieille fonte crévinguieux-aïdon, basique, brutal, élémentaire, monte une garde finalement assez menaçante envers les deux bibelots, qu’il parait tout à fait en mesure d’atomiser. Il n’y a pas de hasard : il est là pour laisser planer cette éventualité. On peut donc avancer que chez Lou, selon cette unité de mesure qui reste à trouver, on trouverait une valeur assez faible. Un hypothétique compteur Geiger sensible à la MOSHté plutôt qu’au rayonnement radioactif crépiterait bien un peu chez lui, mais à peine, et presque partout pareil.
Chez Kiki, la stratégie est inverse, on a vu qu’elle consistait en une concentration. Hop : dans le pouf. Le problème est circonscrit. L’indice de MOSHté serait important, mais localisé dans une très petite zone. On remarquera au passage que Kiki expose très honnêtement des objets persos. On ne s’embarrasse pas là d’excuses liées à l’impossibilité de jeter des cadeaux offerts. On ne nous lance pas non plus à la figure ce flou, ce doute faussement raisonnable, cette insinuation selon laquelle l’indice de MOSHté serait une notion subjective, l’atroce des uns pouvant constituer le beau des autres. Non. Là au moins c’est clair, au moins en ce qui concerne par exemple la main coupée et le E.T. aux yeux bleus. De ce point de vue d’ailleurs, le pouf, en ce qu’il constitue à la fois un contenant et un écran opaque fait consensus domestique, mais à également valeur d’aveu : Les objets MOSH sont rassemblés là, mais dissimulés à la vue, réunis mais absents, autorisés à condition de se faire oublier. On notera enfin le charme puissant destiné à protéger l’ensemble dangereusement formé. Le pouf vient de loin, de l’enfance, c’est un objet trans-générationnel et donc sacré. Cette charge affective intense n’a bien sûr qu’un seul but : éviter la délocalisation dans le container à ordure de l’immeuble lors d’une nuit sans lune par des mains innocentes. (1)
Mais désolé de vous le dire, les gars, vous n’êtes que des amateurs. Mémé, la vraie, car elle existe, est une professionnelle. Notre Museum Of SHame, celui dont nous tentons petitement de rassembler quelques pièces à travers la toile, je sais où il est, j’y suis allé plusieurs fois. Mémé en est la conservatrice et la vestale. C’est ma belle-mère. Le lieu défie la description et l’imagination mais il est vaste. Au rez-de-chaussée, une salle de café assez grande pour que ma belle-sœur ait pu après quelques travaux y installer son magasin de fleurs, sans en occuper plus de la moitié, une salle à manger, une cuisine. Au demi étage, un salon salle à manger. À l’étage, une salle de bain grande comme une salle de bal et six chambres. Au dessus, un grenier qui doit chapeauter l’ensemble mais que je me REFUSE à évoquer plus avant pour ne pas risquer des dommages neurologiques irréversibles chez mes lecteurs. On ne peut pas décrire, mais on peut compter. Il y a cinq fours dans la cuisine. Mémé ne répare pas, elle ne remplace pas, elle superpose. Un jour que d’inévitables devoirs familiaux m’avaient traîné là bas – je reste persuadé qu’on m’avait drogué au départ – je m’étais fixé comme objectif de recenser les objets réputés donner l’heure : pendulettes, coucous, réveils, montres, pendules… J’étais arrivé à plus de cinquante. On ne peut pas décrire, mais on peut dire que l’endroit semble parvenu, de longue date probablement, à l’état auquel aspire tout musée : le jour n’y entre pas ; le temps n’y passe plus. Car c’est bien pour leur capacité pétrifiante que nous gardons ces horreurs, pour y jeter ce regard en arrière qui changea Eurydice en statue de sel, avec des moules dorées collées dessus et un bouchon en forme de couronne pour y mettre de l’eau de Lourdes. L’histoire ne le précise pas, mais je l’imagine sans peine se détacher alors sur l’obscurité des enfers, pour toujours phosphorescente.
Ci-dessous – éloignez les enfants – certaines photos prises sur place, dont vous excuserez la mauvais qualité : j’ai dû les récupérer dans le petit journal 2003 des vacances. Ou alors c’est que les objets MOSH avaient commencé de ronger leur propre fichier, va savoir ?
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Deux pour le prix d'un
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Niki de Saint Phalle, mais pas que

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ça, c’est de la faute à Mélanie. L’hippocampe MOSH lui fait penser aux œuvres de Niki de Saint Phalle. Vous avouerez qu’il y a là de quoi sérieusement douter des compétences de son opticien, sans oublier de se la mordre au passage, non ? Mais du coup, j’ai été réviser mon Niki, née Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle. Bon, autant vous le dire tout de suite, ses œuvres ne me font pas vraiment vibrer – mais si, j’ai un mode vibreur – sauf en ce qui concerne l’une de leur caractéristique : la COULEUR !
Du coup, je me suis dit qu’un peu de couleur, ici, nous sortirait des tons pastels, puis gris, vers lesquels nous poussent insensiblement les jours qui s’accumulent entre nous et l’été. De la couleur, comme sur les tableaux de Vasarely, du moins ceux qui ne font pas trop frire les yeux.
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Ubu - Dick Annegarn

Dans un pays pas très loin d'ici, dans un pays plat aussi plat qu'un plat, aussi petit qu'un petit confetti, il n'y avait pas de lois et chacun pour soi. Il avait un tout petit zizi et un gros cul, le père Ubu. Sa madame était une femme infâme et toute dodue, la mère Ubu. Bêtes et méchants les deux emmerdants n'aimaient que l'argent et la crème Mont-blanc. Ils avaient un plan pour un coup d'état – Pif ! Pouf ! Pan ! - avec un bazooka. Il avait un tout petit zizi et un gros cul, le père Ubu. Sa madame était une femme infâme et toute dodue, la mère Ubu. Puis le jour vena où Ubu et le Roi se rencontra - twist ya ya ya ! Après l'entrevue, tout a cul : « Merdre ! » dit ubu et le roi est mouru. Il avait un tout petit zizi et un gros cul, le père Ubu. Sa madame était une femme infâme et toute dodue, la mère Ubu.
Dick Annegarn – 1974 – Album « Dick Annegarn » Sacré géranium / La transformation / Le grand dîner / Bruxelles / Volet fermé / Faubert Waltz / Bébé éléphant / L'univers / L'institutrice / L'Orage / Ubu
Illustration : « Ubu roi » l’une des lithos réalisées par Juan Miro sur ce thème en 1966
Merci à Lou pour la source d’inspiration
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27.09.2009
Evelien LOMBEK
’avais déjà croisé le travail d’Evelien Lombeck, artiste néerlandaise, mais je suis de nouveau tombé dessus hier en me promenant de Niki de Saint Phalle en Tinguely et d’Yves Klein en Vasarely (vous ne perdez rien pour attendre…). Je n’avais pas eu l’occasion de vous proposer d’aller visiter son très intéressant site pour voir ses petits films, dont chacun est un chef-d’œuvre de poésie et d’imagination. Si tout va bien, en cliquant sur les photos, vous accédez directement aux pages… Sinon, vous adressez vos réclamations à Mélanie (de Tours), qui n'en n'a rien à cirer.
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Tom BANWELL
Et là, tu es sensé dire : « Ah ben tiens ? ça faisait longtemps ! » Car oui, il y a un petit moment déjà que je ne vous ai ni coudé les tuyaux, ni bouché la durite avec quelque objet Steampunk. Mais comme Tonton – de Netkulture – et moi sommes les deux grands maîtres secrets chargé de répandre cette esthétique de ce côté-ci de la galaxie, en passant par la chronique du 26 septembre 2009 ou par la Lorraine avec vos sabots, ho ho, vous apprécierez l’art de Tom BANWELL. C’est un ordre bien sûr.
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Peint avec les chats...

’a des modes comme ça. On a eu « Danse avec les loups » ce film superbe dont je n’ai pas vu la fin : j’ai arrêté de regarder quand il devenait évident que tout ça allait très mal finir. Pas vu non plus « Danse avec Milou » la bande dessinée. On a eu « Vole avec les oies », encore que le film était titré « L’envolée sauvage ». « On se la coule douce avec les dauphins » (Le grand bleu). Il y a bien sûr l’interminable litanie des « Écrits avec tes pieds » dont les blogs sont friands. « Coule avec les autres » (Titanic), en attendant peut-être : « Ronge avec les hyènes », « Rêve avec les huîtres », « Bluffe avec les dindes », « Grogne avec les carpes », « Rampe avec les dents »(Terminator 1), « Flingue avec les ours », « Plonge avec les chèvres », « Cours après les plumes »(Forest Gump), "Baille avec les moules", "Brille avec les vaches", "Grince avec les truies", "Pête avec les mouches", "Valse avec les grues"… Mmmm ! Que de réjouissances en perspective. Sinon, la très joli photo des oies survolant le viaduc de Millau est de Christian MOULLEC. Elle servait d’illustration à un article sur les capacités des oiseaux migrateurs en matière de trigonométrie dans le dernier hors série de Science et avenir consacré à la magie des nombres. Tu dis ? J'ai surtout regardé les images ? C'est pas faux.
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BD - Léo

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ans la liste des séries de BD de science fiction hautement recommandables, avec Le cycle de Cyan, L’incal, Aquablue, Sillage, Lanfeust des étoiles, vous pouvez acheter les yeux fermés puis les ouvrir pour lire « Les mondes d’Aldébaran » écrits ET dessinés par Léo. Un dessin cristallin, une très bonne impression d’espace rendu, beaucoup d’inventivité et des naïvetés dans le scénario qui contribuent plus qu’ils ne gâchent au très grand charme qui se dégage de ces albums. En plus, ça compte comme achat du trimestre chez France Loisir, alors…♣(28/07/2009)
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Michel Henricot - Ruines
est peu dire que j’aime cette toile, « Ruines » de Michel Henricot. Comme toutes les œuvres qui provoquent une rencontre, il me semble que je pourrais l’avoir sous les yeux pendant toutes les années qui me restent à vivre sans jamais l’épuiser ni m’en lasser. Elle ne présente pas, à première vue, les caractéristiques qui peuvent signer sans risque de se tromper certaines œuvres présentant cette matière lisse au reflet un peu gras que semble affectionner le peintre. Il n’y a donc pas là cet éclat de hache polie, de galet, de terre cuite qu'on trouvera dans la série des corps, des visages, des barques qu’on pourra également apprécier sur le site qui nous les montre (qui plus est dans un format permettant très heureusement d’en apprécier certains détails). Non, ici la lumière est bien celle très particulière du peintre – je vais y revenir - mais la matière est plus d’arête que de rondeur avec quelque chose de fragile, de friable là où les autres sujets paraissent beaucoup plus assurés de leur solidité.
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L’ensemble des ruines nous est présenté d’un point de vue élevé. On pourrait imaginer un survol, ou une chute… Il n’en n’est rien. Il est tout à fait évident pour moi qu’il s’agit là de l’ultime coup d’œil jeté par la dernière âme ayant habité ce lieu, avant de rejoigne le ciel. Il y a quelque chose de terriblement détaché dans la manière de peindre chaque détail, rendu de manière quasi clinique. Mais on voit également en contrepoint l’infinie nostalgie de ces chemins, de ces méandres plus clairs laissés par les pas des absents entre les maisons maintenant vides. Ils n’ajoutent rien à la précision topographique mais indiquent – avec quelle force ! – la trace des petits pas répétés du quotidien. Car ce qui est en ruine ici, ce sont peut-être moins les murs que le village, moins l’architecture que la vie elle-même ayant perdu sa fortune.
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Pour s’envoler, notre dernière âme a choisi son heure, celle ou les rayons du soleil illuminent en les rasant chacune des arêtes des murs. On n’hésitera pas longtemps entre le crépuscule et l’aube. C’est le petit jour, l’heure la plus fraîche, la seule sans doute où le peu d’humidité du lieu pourrait le nimber de ce voile discret dont le peintre l’a recouvert. Dans son envol, la dernière âme voit son village comme elle ne l’a probablement jamais vu. Elle n’a plus son regard terrestre arrêté par les murs. Elle voit, pour la première fois peut-être, de son village l’architecture intime et secrète : son squelette. L’idée lui viendra peut-être alors, comme elle me vient, que c’est par notre squelette que nous appartenons à l’espèce. Elle comprendra alors qu'à présent mort, le village n’a pourtant pas vécu en vain. Il était lui aussi un organisme, à ce titre apparenté à d’autres, qui naîtrons après lui, peut-être justement au cours de cette journée qui commence.
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On ne sait pas où son envol conduira cette âme. Le peintre ne le dit pas. Il nous donne juste à voir la dernière image qu’elle emporte avec elle pour l'éternité.
♣ (29/06/2009)
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