14.11.2009

Maison tortue

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Cat pense à moi quand elle voit des boules, des feuilles mortes et des maisons rondes. « Une maison tortue au cœur de la nature » titre joliment l’article auquel renvoie le lien qu’elle m’adresse. C’est vrai que sous certains angles, on pourrait retrouver des parentés entre cette tortue et d’autres exemples d’architecture ronde, dont nous collectionnons les exemples dans la note éponyme.  Mais sous certains autres angles, pas du tout et de toute façon, je trouve ce bâtiment sans grande originalité et pour tout dire un peu lourdingue. Mais un détail de sa conception m’a fait réfléchir à un élément architectural qu’on trouve en abondance dans les exemples compilés, même s’il n’est pas typique du rond. C’est le « dehors/dedans » Comme vous pouvez le voir, notre tortue est traversée verticalement par un puit de lumière, moche, mais qui rappelle des choses bien agréables : le patio, l’atrium, le jardin ou la cour intérieur, l’impluvium, bref, tous ces espaces domestiques, internes aux bâtiments, mais à l’air libre. Etre dehors, mais chez soi, voilà une sensation qu’on ne retrouve pas tout à fait sur nos balcons, terrasses, carrés de pelouse.

 

 

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28.10.2009

L'homme moderne ressemble beaucoup à l'ancien

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Lettrine (P tour Eiffel).jpgrétentieux et laid, inutile, encombrant et dangereux, voilà que s’ouvrent en fanfare les portes de ce carnet au digne ambassadeur envoyé par « L’homme moderne », ce concurrent direct du catalogue « L’objet du mois », de Gifi et plus généralement de tous les diffuseurs de merdouilles dont les trouvailles nous ravissent. De loin.

 

Si je comprends bien, cette horreur prétend commémorer. La tour Eiffel a 120 ans : commémorons. Admettons, mais que vient faire notre dague là dedans ? Tu dis ? C’est pas le tout de commémorer, l’année prochaine la même tour Eiffel aura cent vingt et un an et comme ce n’est plus un chiffre rond, tout le monde va s’en battre les couilles, mais au moins, il me restera la dague. Ok, mais d’une, je te prierais de garder à ce carnet la haute tenue langagière qui est la sienne, parce que nom de Dieu de putain de bordel de merde, on ne dit pas « couille » ici, ni « bite », ni « enculé » (contrairement au blog de M. LeChien) ni « salope » et de deux, la dague est également inutile et moche. À part pour couper le pain, et encore… Combien y’a de têtes de nœuds dans le monde entier qui peuvent avoir envie à la fois d’une repro approximative de la Tour Eiffel ET d’une dague ? Trois ? Dont deux sont à un stade avancé d’une maladie dégénérative et le troisième bercé trop près du mur durant sa tendre enfance ?

 

Ou alors, pour retomber dans une ornière qui m’est chère, peut-être cette Tour Eiffel a-t-elle été fabriqué dans un monde parallèle où TOUT dissimule une lame. Un univers où la première question qui vient à l’esprit quand on rencontre quelqu’un est quelque chose comme « Tiens ? Avec quoi vais-je bien pouvoir le trucider ? Lui percer le bide, l’occire et l’assassiner jusqu’à ce que mort s’ensuive ? » Les cannes épées (p.45) doivent également venir de là bas et peut-être même les parapluie à cran d’arrêt.

 

05.10.2009

Envole moi

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Lettrine (B jet bike).jpgien sûr que j’attends quelque chose comme ça avec impatience. Je m’y vois déjà : je sors mon Jet-bike dessiné par Norio Fujikawa du garage, un coup de démarreur et hop, c’est parti pour une petite balade au dessus des nuages.

Mais ça, c’est ce qu’on verrait dans le spot de pub, parce qu’en vrai, faudrait déjà écarter le tricycle du deuxième et la poussette anti-gravité de la petite dernière pour sortir l’engin en slalomant parmi les sky-skates de leur frère. Jamais compris pourquoi il lui en fallait plusieurs douzaines. Pourrait les ranger dans sa cham… Ah ben non, elle est déjà pleine. Et bien sûr, arrivé au-dessus des cumulo-nimbus, panne sèche. Elle n’aura pas eu le temps de refaire le plein de kryptonite après ses deux trois petites courses. Elle m’en a parlé, mais je n’écoute jamais. J’aurais plus qu’à attendre des plombes à me geler les boulons dans ce putain de nuage jusqu’à ce qu’on vienne me chercher.

Ou alors, j’aurais rêvé depuis tout petit de ce modèle, dans les premiers sortis. J’aurais patiemment économisé des dizaines d’années sur la monnaie du pain, raté le permis de vol la première fois à cause de cette putain de question sur les overdrive pour finalement, enfin l’avoir, mon Jet bike rouge. Mais là, je suis coincé  à cinq mille pieds dans les embouteillages bi-quotidiens, entre deux Jet-bike dernière génération dont les conducteurs me regardent de haut avec commisération. L’un d’entre eux se cure le nez.

Ou alors, je suis à la maison, avec mes songes creux, flirtant vaguement avec l’idée qu’un engin comme celui-là, ou un autre, pourrait enfin me sortir de chez moi, alors qu’une simple paire de chaussure de marche ou un vélo feraient aussi bien l’affaire.

Mais un Jet-bike, quand même…

02.10.2009

Jim Rasenau : ébéniste à la page

 

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Lettrine (Il y a).jpgune idée que j’aime bien dans le travail de Jim Rosenau et d’autres moins. J’aime cette idée un peu iconoclaste d’utiliser des livres comme matière première, de les considérer comme simple matériaux de base, au même titre – hi hi – qu’une planche et comme elle, cloutable, perçable, sciable, assemblable… L’idée de scier un livre à la scie circulaire me sied. Du coup, l’idée d’y planter des clous itou. Suis beaucoup moins fan de cette obsession de Jim Rosenau qu’un objet puisse traverser son ouvrage de part en part. Je ne vois pas ce que ça ajoute à l’essentiel même si l’assemblage peut, comme fortuitement, donner des résultats surprenants. Mais dans ce registre là, Jim Rosenau me semble céder à la facilité. Je ne vois pas non plus l’intérêt d’habiller de fausse reliure des étagères comme vous pourrez le voir abondamment sur son site.

 

Merci à Netkulture pour nous avoir fait découvrir cet ébéniste un peu particulier. Conformément aux accords secrets passés entre Tonton et moi - tellement secrets qu’il n’est même pas au courant - je ne vous donne pas l’adresse du site de l’artiste, mais celle de la page de Netkulture qui en parle, comme ça, vous pourrez voir d’autres trucs au  passage et ça fait une visite de plus à Tonton. De là, bien sûr, vous irez sur « This Into That » (l’un dans l’autre ?) le site de Jim Rosenau. Sinon, vous pouvez toujours bluffer avec les dindes.

 

 

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Des signets que n'aurait pas renié Daniel Pennac dans "Comme un roman", non ?

 

27.09.2009

Tom BANWELL

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Et là, tu es sensé dire : « Ah ben tiens ? ça faisait longtemps ! » Car oui, il y a un petit moment déjà que je ne vous ai ni coudé les tuyaux, ni bouché la durite avec quelque objet Steampunk. Mais comme Tonton – de Netkulture – et moi sommes les deux grands maîtres secrets chargé de répandre cette esthétique de ce côté-ci de la galaxie, en passant par la chronique du 26 septembre 2009 ou par la Lorraine avec vos sabots, ho ho, vous apprécierez l’art de Tom BANWELL. C’est un ordre bien sûr.

 

20.09.2009

Porte-téléphone Gifi

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Lettrine (Alors là).jpgça résiste. Comme nous l’avons vu dans les précédentes chroniques évoquant certains objets étranges, extraits pour la plupart du catalogue « L’objet du mois » (mais pas que), on trouve en général leur justification, même s’il faut la chercher dans des mondes parallèles aux nôtres. Mais là ?

 

Ce chien en céramique porte un sac à dos destiné à recevoir votre téléphone. Remarquez au passage comme vous et moi avons pourtant l’esprit large. Nous pouvons écrire et lire « Ce chien en céramique porte un sac à dos …. » sans être saisi de spasmes, ni de tremblements, ni d’une irrépressible envie de chocolat - sauf Mélanie (de Tours) bien sûr, mais tous les prétextes lui sont bons – ni même nous demander si nous avons bien pris notre anti-dépresseur ce matin.

 

Je ne dirai rien du chien ni de son air crétin, ce serait un cheval portant une brouette, le problème serait le même : à quoi, à qui peut bien servir ce truc ? Parce qu’enfin, si vous et moi appartenons bien au même continuum spacio-temporel - même si pour toi, toi et toi j’ai des raisons d’en douter – quand nous recevons un appel, notre téléphone, il sonne déjà non ? Ou alors, cas d’espèce, vous l’avez coincé sur vibreur par inadvertance et vous ne savez plus comment on repasse en mode sonnerie. Mouais, sauf que même moi je sais faire. Mais il n’est pas impossible que dans la clientèle visée par Gifi, un ou deux cérébro-lésés… Ou alors tiens, brusquement, ça me parait plus entendable : vous ne savez jamais où vous rangez ce putain de téléphone portable et vous loupez plein d’appels le temps que vous retrouviez l’engin, qui sonne - ça pour sonner il sonne - mais au fond d’une poche dans la penderie du dressing de l’aile ouest, ou déjà à moitié digéré au fond de l’estomac de votre sac à main ou cherchant à se reproduire avec une télécommande sexuellement compatible dans les abîmes du canapé. Mais là, non. Vous avez acheté l’objet d’art à Gifi et pris la ferme résolution d’y ranger votre portable dès que vous rentrez chez vous. Il sonne. Le chien aboie pour vous rappeler où chercher votre téléphone. Vous prenez l’appel. Tout va bien. Mais cette scène idyllique suppose au moins deux conditions. La première est que vous n’ayez pas installé Médor au fond du dressing de l’aile Ouest. Il doit être en évidence (hélas). Oui, scotché autour de votre jambe gauche, ça me parait bien. La deuxième condition est que vous vous teniez à votre bonne résolution. Non parce qu’imaginez la scène. Votre téléphone portable sonne, vous attendez un appel important, meeeeeeerde ! Vous n’avez pas encore pris l’habitude de le déposer dans le chien laid à faire peur. Vous courrez partout en mode panique la tête vrillée par la sonnerie essayant vainement de vous rappeler où vous avez pu laisser votre portable POURSUIVIE PAR LES INSUPORTABLES JAPPEMENTS DE CE PUTAIN DE CLEBARD DE MERDE. Bien sûr, vous ratez l’appel et Médor fini son bref baptême de l’air explosé contre un mur.

 

Mais la diode ? Non parce que le chien de céramique portant un sac a dos ne fait pas qu’aboyer : il clignote. Tu dis ? Ça doit servir à ceux qui n’entendent ni la sonnerie ni les jappements – pourtant réglés sur 120 décibels – mais se tiennent pourtant assez près du chien pour voir la diode. Tu peux résumer en disant « sourds comme des pots » ce sera plus simple. Admettons. Tu peux m’expliquer à quoi peut servir un téléphone quand on n’entend pas ? Tu dis ? On peut toujours s’envoyer des SMS ? Tiens ? Pas con ça. Oui, ben, n’en profite pas pour prendre la grosse tête, d’autant que le prospectus est tout à fait clair sur un dernier point : le clebs peut également servir pour les téléphones fixes. On ne doit pas parler du modèle de base France Télécom. Ou alors le chien existe en modèle XXL de trois mètres de haut. Mais de toute façon, on retombe sur la première objection. Votre téléphone fixe, il ne doit pas se promener beaucoup plus loin que son fil et n’est donc pas difficile à trouver et que je sache, les modèles fixes n’ont pas de mode vibreur. Donc il sonne. Dans ce cas là, à quoi sert le chien ?

 

Je résume : pour être potentiellement client de ce gadget, il faut être à la fois sourd et cérébro-lèsé, mais pas aveugle, et utilisateur d’un téléphone portable plutôt que fixe, mais ne s'en servir que pour envoyer des SMS. Ou alors, il faut aimer les chiens en céramique à diode clignotante portant un sac à dos.

 

 

 

12.09.2009

Le plie-linge Gifi II

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Lettrine (J plie linge 2).jpgamais vu un truc aussi bon. Pourtant, des objets bons, ce carnet de notes en regorge. Mais leur excellence, associée à une autre qualité, semble s’y diluer : ils sont bons et marrants, bons et surprenants, bons et bizarres. Celui là est pur : il est juste bon. Il est extrait de l’actuel prospectus Gifi, des idées de génie, où il figure à la page qu’il mérite : la première. C’est vrai qu’une bonté aussi monumentale, ça gagne à être connu, ça s’affiche, ça va faire date, créer un précédent, battre un record, établir une nouvelle norme. Les foules incrédules vont se précipiter, des files d’attente se former avant même l’ouverture des magasins. On voudra venir voir de ses propres yeux voir, toucher la chose, s’assurer en personne de sa réalité. Il est assez vraisemblable qu’une mode se crée, que des soirées pliage de tee-shirts s’organisent entre amis pour communier, que ça finisse en jeu télé, en discipline olympique.

 

Mais en attendant, c’est juste un objet bon. Je sais bien qu’il s’en trouvera parmi vous pour m’apporter la contradiction, se faire l’avocate du diable (de Tours) que non merci, que pas du tout, que sans façon, qu’un simple album de bande dessiné ou qu’un bête assemblage de quatre cartons font très bien l’affaire, que plier le linge n’a jamais été un enfer, qu’il n’y a vraiment pas lieu de trouver dans le plie-linge Gifi une satisfaction. Pourquoi pas la foi pendant qu’on y est ! Aie donc, crévinguieux, merdequoi.

 

Mais qu’on réalise quel était jusque à présent la vie tourmentée du producteur de testostérone bio, célibataire, à l’heure de s’occuper du linge. Il s’est retrouvé assez vite dans son premier chez lui confronté à cette réalité simple, mais qui lui avait échappé jusque là, selon laquelle le processus conduisant du linge sale aux piles d’habits impeccablement rangées dans une armoire n’avait rien à voir avec le cycle naturel de l’eau ou la successions des saisons et qu’à défaut d’une intervention de sa part, son linge sale allait le rester. Pour une raison tout à fait indépendante de sa volonté – et de la mienne –  sa mère est à ce moment là en panne ou aux bahamas. Il va au lavomatic, forcément, au moins une fois, plutôt content de lui au départ, l’innocent. Comment n’y avait-il pas pensé ? À chaque problème sa solution : Il a faim, il va au resto. Il a soif, il va au bistro. Il a sommeil, il va au dodo. Il a du linge sale, il va au lavomatic. Tout le monde va au lavomatic.

 

Il n’ira plus jamais au lavomatic. En entrant, il retrouve instantanément les sensations de son oral du Bac. Ça y est, il sait ce que c’est que de comparaître devant un jury d’assise ou d’être en garde à vue. Il a compris immédiatement qu’avec son sac de linge sale à la main, dont il projetait – tiens tiens ? - de faire disparaître les traces douteuses. Il était infiniment SUSPECT.

A partir de là, les témoignages divergent. Pour certains, assez peu crédibles, l’individu est allé jusqu’à laver ses affaires, repartant ensuite avec précipitation (il pleuvait) mais difficulté, chargé qu’il était d’un sac devenu beaucoup trop lourd pour lui, ses forces l’ayant semble-t-il abandonné. On l’aurait vu entrer subséquemment chez un thérapeute. Selon d’autres témoignages, après avoir poussé la porte, l’individu aurait tourné les talons sans attendre, bredouillant quelque chose comme « Excusez moi, je me suis trompé de numéro. » La rumeur publique colporte qu’ultérieurement, après ce qui apparaît du coup comme un premier repérage, il serait revenu à trois heures du matin, à un moment où il était presque sûr de ne pas être surpris.

 

Donc il achète un lave-linge ; son rapport investissement/bénéfice est un chouia plus favorable qu’une psychanalyse. Il l’a choisi à chargement frontal, avec un hublot parce qu’il lui semble qu’alors, il pourra surveiller que tout se passe bien. Puis hublot, ça fait un peu transatlantique. Après une première lessive à l’issue de laquelle tous ses sous-vêtements ressortent d’un très joli rose, il comprend assez vite qu’on ne lave pas impunément ensembles les tee-shirts et les rideaux. Il apprend vite. Ses expériences, variées, aboutissent toutes au rachat d’une garde robe intégrale, mais les vêtements neufs ayant souvent l’avantage d’être propres, ça roule. Un jour enfin, après qu’une première panière de linge ait été retrouvé morte, empoisonnée aux champignons faute d’avoir été étendue, notre futur candidat à l’achat du plie-linge se retrouve finalement avec des vêtements propres, secs, mais froissé.

 

Puis un déclic se fait, une connexion s’établie. Notre sujet - appelons le, je ne sais pas moi, James par exemple - est un homme. Il a donc une confiance inébranlable en la technique. Il réalise en une vision comparable à celle de Saint Paul sur le chemin de Damas les tenants et les aboutissants du problème linge. Il associe, il conçoit, il échafaude et bientôt – vous devriez demander aux enfants de reculer un peu – il s’organise. Ça passe bien sûr par des achats, puis quelques travaux, mais on n’a rien sans rien. L’œil attendri de la caissière le dédommage largement alors qu’il passe tout encombré d’un caddie contenant pêle-mêle une planche à repasser décor chatons, un séchoir Tancarville, une centrale vapeur avec fer, une jeannette, « Le repassage pour les nuls », des cintres, un portant, une peluche de raton laveur brusquement désirable sans qu’il sache pourquoi, un pulvérisateur à main, une bombe d’amidon, des torchons pour commencer doucement.

 

Il a repéré dans son emploi du temps un moment favorable dans la semaine, correspondant probablement au passage télé d’une série que tout le monde regarde sans oser l’avouer, ce qui interdit heureusement les visites surprise, et il s’y met. Bientôt, pourquoi se le cacher ? il trouve un certain plaisir à transformer un tas de chiffons en piles de vêtements classés en ordre chronologique et alphabétique décroissant sur les étagères de son dressing.

 

Mais il se souvient comme si c’était hier de sa rencontre décisive avec le plie-linge. Jusque là, le pliage restait une étape manuelle un peu contrariante dans un processus largement mécanisé. Mais le plie-linge mes frères, alors là oui ! Écoutons le témoignage de James : « Je suis très bordelique chez moi et pourtant je connais cet objet grâce au Télé-achat depuis quelques années. Moquez-vous, braves gens, mais cet objet va révolutionner votre vie ! Croyez-le ou non, on peut tout plier correctement : chemises, robes, pantalons, pulls, toutes les fringues. »  James a enfin gagné sur sa nature profonde, il ne craint plus les quolibets de la foule, il avance désormais dans la vie tête haute sur un chemin glorieux bordé de piles de vêtements parfaitement ordonnées dont la cime se perd dans les cieux. Tout ça grâce au plie-linge. Recueillons nous un instant.

 

...

 

En vérité, je vous le dis, ce truc est bon.

 

 

 

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Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, j'ai la joie de vous annoncer que le plie-linge existe en plusieurs couleurs : rose pour les filles, bleu pour les garçon, anthracite pour les mineurs. Un autre modèle, d'autres coloris et même une démo animée en suivant le lien.

 

31.08.2009

Pour ne pas perdre Léonore

 

 

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Lettrine (O métro).jpgh comme cette boussole que nous propose "L'objet du mois" est désirable ! C’est bien les aiguilles du merveilleux, de la beauté et de la convoitise que nous plante l’argumentaire. On se sentirait presque devenir Golum, mais à condition d’être un garçon. À nos compagnes, celles que les féroces soldats (mugissants) n’ont pas tout à fait fini d’égorger dans nos bras – faut surtout pas vous gêner ! - un bijou ferait l’affaire. La beauté leur suffirait. À nous les producteur de testostérone bio, il nous la faut utile. Ça doit nous rassurer. Ça tombe bien, l’objet nous propose en plus d’être beau de ne plus jamais nous laisser sans savoir où on est, ni quelle heure il peut bien se faire. Vous en parlerez à l’occasion à votre psy, mais ce doit être une angoisse bien profonde des petits mecs qu’on les perde – intentionnellement, va savoir ? – dans les bois (ah oui, tiens ? C’est mieux, dans les bois) et qu’il ne doivent alors leur survie qu’à la boussole et au couteau suisse QUI NE LES QUITTE JAMAIS, EUX !

Ou alors - mais n’est-ce pas la même chose un peu plus tard ? – nos boy-scouts doivent se tenir prêts à sauver l’humanité, en commençant par les femmes et les enf… Non, finalement, les femmes seulement, en les tirant de toutes sortes de situations embarrassantes, conflit thermonucléaire généralisé, tsunami inopiné, bourrage du photocopieur.

Parce qu’enfin, cette boussole, on la veut, il nous la faut, soit disant pour offrir à notre petit neveu, tu parles, mais concrètement ? Vous imaginez la scène ? Vous descendez comme d’hab du métro gare de Lyon. Mélanie (de Tours) est plantée au milieu du flot de la foule qui s’écoule de part et d’autre en l’évitant, vous ralentissez en arrivant près d’elle. Elle vous demande d’une voix désespérée – Pour aller à Richelieu Drouot ? – Vous lui souriez. Vous sortez votre boussole.  Vous la consultez rapidement d’un air pénétré et lui répondez le plus naturellement du monde – Prenez la 1 direction Château de Vincenne. Vous descendez à Reuilly-Diderot, puis la 8 direction Balard. Comptez neuf stations, c’est la dixième. Si vous ne traînez pas trop, vous pouvez avoir le prochain. » Voilà. Mélanie se dilue, mais à partir de cet instant, elle évaluera toutes ses relations avec l’autre sexe à l’aulne de cette unique et décisive rencontre avec vous. Voilà ce que promettent les dix huit euros de boussole. Franchement, c’est cadeau !

 

 

30.08.2009

L'objet du mois - Septembre ?

 

Lettrine (ils).jpg se doutent de quelque chose. Vous avez cafté, c’est ça ? Non parce qu’à la lecture du dernier catalogue « L’objet du mois », je n’y ai, pour une fois, pas vu de nouveaux indices prouvant que certains articles avaient à l’évidence été fabriqués dans un monde parallèle. D’où mon doute. Mais je vous rassure, il en faudrait plus pour m’empêcher de tirer une note de cette nouvelle livraison de bizarreries.

 

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Le premier objet à sortir du lot est ce coffre-fort livre. L’idée est simple. Ce livre est en fait une boîte dans laquelle ranger des trucs et des machins que vous voudriez soustraire à la convoitise de votre prochain cambrioleur. Non, votre chaîne hi-fi n’y rentre pas. Il faudrait la lyophiliser préalablement. Le problème n’est pas l’objet en lui-même mais plutôt la photo qui nous le présente « en situation ». On y voit votre coffre-fort benoîtement dissimulé parmi d’autres ouvrages, faisant le gros dos en bleu-marine. Arrêtez moi si je dis une bêtise, mais pour que votre plan fonctionne, il suppose que votre prochain cambrioleur n’ai jamais lu le catalogue « L’objet du mois », non ? Parce qu’ayant vu la photo, quand il arrivera chez vous et qu’il jettera un regard horizontal sur les rayonnages de votre bibliothèque, s’il identifie ce bon gros faux livre qu’il aura vu la veille page 4, il va y aller droit. Faudrait prévoir de pouvoir changer la couverture. Par ailleurs, ça ne me semble pas une bonne idée non plus de laisser à proximité la tirelire électronique qui totalise la somme qu’elle contient. Devant un kilo de piécettes au montant indéterminé, le voyou peut renâcler, mais s’il sait qu’elle contient exactement 47,94€, comment qu’il va te me nous la mettre dans sa poche vite fait !

 

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Cette ampoule me plait bien. Elle nous propose d’habiter dans un arc-en-(iel. Je trouve l’idée poétique. Non non, rien à voir avec la légende selon laquelle à son pied se cache un trésor. Je sais bien que ma vénalité me pousse à la concupiscence, mais quand même. De toute façon, depuis le temps qu’on nous bassine avec cette histoire, si ça se trouve, ce trésor n’est plus qu’un vieux tas de pièces d’or oxydées n’ayant même plus cours.

 

J’aime bien cette idée de pouvoir choisir précisément la, ou les couleurs de mon intérieur, et de pouvoir en changer. Nous ne sommes plus très loin d’une gestion domotique qui permettra d’ajuster la température, la lumière, le fond sonore de la casa selon notre humeur du moment, tout en lançant la cuisson des pâtes. Mais je vais attendre un peu parce que là, quasi cinquante euro pour une ampoule et une énième télécommande à perdre dans les abysses du canapé, non merci. Rappelez-moi quand la liaison sera établie avec mon ordi.

 

17.08.2009

Dommage

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Lettrine (C dôme).jpg’est décidé, je n’habiterai pas un dôme géodésique. Apportant une contribution appréciée à la note « Architecture ronde », Louve propose dans un commentaire un lien vers « Natural Space Dome » une entreprise étasunienne et vers une vidéo présentant certaines réalisations de cette entreprise. Sur le projet lui-même, rien à dire. Présenter pour convaincre d’éventuel futurs clients des réalisations achevées dont la visite est assurée et commentée par leurs habitants : tout bien.

 

Le premier problème, mais il est un peu périphérique par rapport à l’architecture ronde, c’est l’idée directrice de la vidéo. Rassurer. Le natural space dome, Bill, c’est une maison comme les autres. Peut-être un petit peu mieux que les autres. Mais regarde : les habitants ont la chemise de flanelle à carreaux réglementaire, la même déco approximative que chez toi, c’est encombré pareil et, oh ! Leur penderie ! C’est le même bordel qu’à la maison ! Si au bout d’une heure vous n’avez pas compris que vous vous y sentiriez des pieds comme chez vous parce que ça ressemble à chez vous, votre cas est désespéré. Y’a du brave gens sur tous les plans. On est donc très très loin des doux rêveurs. Empâtés par un garage double, une aile, un ajout, une entrée, un auvent, une vigie, on ne voit parfois plus trop où est le dôme et on finit par se demander en quoi réside l’intérêt, par rapport à une construction bois traditionnelle. La bande son doit apporter d’utiles précisions à ce sujet mais mon anglais n’est plus (il n’a jamais été) et ma carte son non plus.

 

 

Rappelons quand même l’intérêt premier du dôme géodésique, c’est sa modularité. C'est-à-dire qu’avec des longerons droits, identiques, reliées par un assemblage toujours le même, vous pouvez construire une structure quasi hémisphérique, dégageant à l’intérieur un volume complètement libre, que vous pourrez organiser et aménager tant mal que pire en étages puis en pièces.

 

Mais y’a un mais. C’est pas du tout rond, un dôme géodésique, c’est tout en facettes triangulaires. De plus, chaque facette est recouverte de lambris striant l'espace dans une direction différente de l'une à l'autre. Visuellement, c’est une migraine. Parce que je ne vous ai pas dit, mais l’intérêt d’habiter dans des espaces courbes, pour moi, c’est d’imaginer que le regard n’est pas (ou moins) arrêté par des angles. Or un dôme géodésique, mes pauvres enfants, mais c’est UNIQUEMENT constitué d’angles ! Je pense qu’avec des yeux à facettes ça doit passer.

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