10.04.2010

Noir c'est noir

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e prochain Scribulations sera noir. Noir pourquoi ? Noir comment ? On ne sait pas, mais noir. Comme on a un peu de temps, vu qu’il ne sortira qu’en octobre 2010, je commence ici un inventaire d’associations d’idées, dont certaines donneront peut-être des textes… Sinon, pour le numéro 01/10, vous pouvez commander en m’envoyant un mail. L’imprimerie me les livre mercredi.

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  • Il y a un Michel Noir, élu lyonnais condamné pour abus de bien sociaux, dont la bibliographie ressemble au bac d’invendus d’un bouquiniste en redressement judicaire, un Michel Blanc, acteur valant bien mieux que certains de ses films et je connais un Gérard Blanc, ex chanteur de Martin Circus mort dans l’indifférence générale en janvier 2009, mais je ne connais pas de Gérard Noir.

 

  • Il y a « L’aigle noir » de Barbara, chanson dans laquelle certains ayant les oreilles en forme de trou de serrure entendent des allusions à l’inceste dont elle a été victime et « Comme un corbeau blanc », la chanson tout à fait inutile de Johnny Halliday. Il doit y avoir pas mal de corbeaux noirs quoique je n’en connaisse pas personnellement et Wikipédia mentionne un ordre honorifique de l’aigle blanc, créé en 1325 par Ladislas Ier de Pologne, que je ne connais pas non plus personnellement.

 

  • Il y la série noire chez Gallimard et chez le même éditeur, la blanche tout court. J’ai été publié dans la première mais pas encore dans la seconde. Tiens ? Il y a également une « série blanche » chez Harlequin. J’y aurais peut-être plus de chance.

 

  • Il y « La tulipe noire » d’Alexandre Dumas, qui n’a pas écrit « La tulipe blanche », ni la chanson « Les roses blanches » sponsorisée par kleenex et chantée par Berthe Sylva. Mais il y a dans beaucoup de domaines, d’innombrables références aux roses noire, celles-ci paraissant pousser comme de la mauvaise herbe dans l’imaginaire collectif.

 

  • Au rayon des choses infiniment désirables et rares, il y a également les diamants noirs, mais ceux là existent bel et bien.

 

  • Il y a les trous noirs, ces fascinants objets célestes à proximité desquels sombre même la lumière tant la gravité y est importante. Certaines théories prévoient l’existence de « fontaines blanches », symétriques, qui restent à découvrir.

 

  • Il y a les petits (cafés) noirs et les grands (requins) blancs, mais je ne crois pas que les seconds usent des premiers pour se tenir éveillés.

 

  • Il y a « La mariée était en noir » ce film de François Truffaut sorti en 1968 et ces innombrables mariées en blanc allant aux beaux jours se faire photographier à la roserait du Parc de la tête d’or, si nombreuses parfois qu’on peut y voir des embouteillages de tulle.

 

  • Musique toujours, penser au groupe « Bérurier noir ». Également à « Noir désir », mais moins, du fait que son chanteur est un beau salaud.

 

 

 

Les illustrations sont de Soulages, bien sûr.

 

 

 

 

10.01.2010

Le petit journal de Scribulations - Entre deux

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Lettrine (C Scrib).jpgest un moment entre deux, comme beaucoup, celui où les scribulatrices et scribulateurs ont fait ce quils pouvaient, pour le moment, choisi, corrigé, assemblé les textes, où jai choisi les dessins, reçus leurs scans, disposé des impressions sur la table de la cuisine pour tenter d'entendre les illustrations me parler des textes quelles voudraient accompagner.

Jai tout livré à qui de droit. À Tim de se débrouiller maintenant. Scribulations m’échappe une nouvelle fois, mais nous avons dautres rendez-vous, quand il faudra valider la maquette et surtout, tout au bout, vers Mars, en tenir un exemplaire entre les mains.

 

 

29.12.2009

Le petit journal de Scribulation. Aujourd'hui : la formule

Ben quoi ? Ce n'est pas parce que je n'ai pas encore l'âge d'écrire mes mémoires (de toute façon...) ni parce que nous n'en sommes qu'au troisième numéros de Scribulations que je ne peux pas, du haut de ma sagesse infinie, compiler quelques remarques utiles à qui voudrait se lancer comme nous dans la confection d'une vraie revue littéraire contenant des vrais morceaux de bravoure ! De toute façon, ceux-là n'en feront qu'à leur tête. Mais nous les humains sommes ainsi fait : nous ne pouvons pas nous empêcher de vouloir aider qui ne nous demande rien. Coluche l'avait très bien compris avec son célèbre : « Ne m'aide pas ; déjà que je n'y arrive pas tout seul ! »

 

J'aurais sûrement l'occasion, si je poursuit cette série, de vous parler imprimerie, maquette, nombre d'exemplaires, distribution... Mais je réalise, alors que ce troisième numéro de Scribulations va voir le jour, que la seule chose qui aurait demandé un peu plus qu'une intuition de départ, la seule chose qu'on ne puisse plus désormais modifier sans changer l'identité de la revue, c'est sa « formule ». Désolé, je ne trouve pas d'autre mot pour désigner l'agrégat improbable d'un format, d'un titre, d'une ligne éditoriale, d'une maquette et de bien d'autres choses dont la réunion forme un tout, comme pour nous nos organes, nos membres, chacun des traits de notre visage.

 

J'ai cru choisir une formule assez souple, mais je réalise qu'elle ne soit pas l'être tant que ça puisque après deux numéros seulement on peut dire de façon assez précise si « ça irait » ou si « ça n'irait pas » dans Scribulations. Donc, premier conseil à nos futurs éditeurs-rédacteurs en chef de revue : faites gaffe, parce qu'une fois que c'est parti, vous ne pouvez pas changer du tout au tout d'un numéro à l'autre.

 

Pris isolément, aucun des éléments de Scribulations n'est particulièrement original, mais c'est bien leur réunion qui compose l'identité inimitable de notre chère revue.

 

Le format. Bien réfléchir au format. La forme extérieure vous apparente forcément à une classe d'objets comparables. Tabloïds, journaux, quotidiens, magazines, revues, annuaires... le monde du papier imprimé est peuplé de bien des espèces. Scribulations emprunte un format livre assez courant, très proche du A5 (14/21cm). On connait d'autres exemples de revues paraissant en format livre. On peut penser à « La revue littéraire », mais surtout à « Univers », cette revue de science-fiction ayant été publiée par « J'ai lu », au format habituel des autres ouvrages de SF de cet éditeur (11/16,5). Pour Scribulations, le format livre s'imposait comme valorisant pour ses auteurs mais également pour échapper au trajet domestique des revues ordinaire, qui va de la boite aux lettres à la table du salon, puis de là aux toilettes, pour finalement se faire recouvrir assez vite par d'autre trucs à lire quand on aura ce temps. Le livre suit des parcours domestiques différents. Il peut voyager en sac, s'inviter au bord du lit et finira généralement sa course plutôt sur l'étagère d'une bibliothèque, où il prendra ses marques et ressortira, dans une semaine, un mois, un an.

 

Du coup, on voit bien comment ce seul choix du format contraignait déjà notre contenu. Exit tout ce qui pouvait ressembler à de l'actualité littéraire, critique, édito... Il fallait opter pour de l'impérissable ou du moins pour des textes longue conservation, qu'on puisse relire un ou deux ans après sans qu'ils aient pris le goût de bouchon. Et comme un livre n'est pas qu'une dimension de couverture, nous étions également contraint par notre format de publier assez de texte pour remplir les cent cinquante à deux cents pages en deçà desquelles nous n'avons plus un livre, mais plutôt un opuscule, une brochure, un recueil.

 

Le titre. Les choses étant ce qu'elles sont et Google étant ce qu'il est, le choix d'un titre est très contraint par les nécessités du référencement effectué par les moteurs de recherche. En plus d'être raisonnablement original et explicité, le titre doit permettre à nos lecteurs de nous trouver sur internet dès la première page de résultat de recherche, et si possible en première position. C'est le cas pour « Scribulations », choisi parmi de nombreuses autres possibilités de titres évoquant également l'écriture, la déambulation et les aventures hasardeuses, puisqu'au moment de notre choix, les requêtes Google en langue française renvoyaient pour « Scribulations » un résultat quasi nul (4610 pages de résultats actuellement).

 

La ligne éditoriale. Jamais su ce que ça voulait dire précisément. Mais s'il s'agit de constater qu'à l'arrivée, Scribulations publie plutôt de la fiction, plutôt de la prose, plutôt des textes entre une et vingt cinq pages, en français et plutôt des textes qui me plaisent, alors oui, nous avons une ligne éditoriale. Sinueuse. D'ailleurs, je me sens beaucoup moins contraint pas cette « ligne éditorial » que par la nécessité de constituer un sommaire organisé en rubriques. Cette organisation classique pour toute publication périodique revêt pour Scribulations une importance particulière puisqu'il s'agit, mine de rien, en regroupant les textes et donc leurs auteurs, de rompre doucement avec ce modèle d'écrivain maudit, superbement isolé dans sa tour d'ivoire, légué par les romantiques mais finalement très encombrant. A l'opposé, Scribulations voudrait soutenir et valoriser l'écriture plaisir, l'écriture qui rapproche, l'écriture des ateliers, l'écriture qui ose courir le risque de la rencontre avec l'écriture et la lecture de l'autre.

 

La maquette. Qu'en dire ? J'étais assez content de la mise en page effectuée par mes soins, jusqu'à ce qu'un jeune lecteur, d'ailleurs illustrateur, me dise « On voit bien que ça n'a pas été fait par un professionnel ». (Bruit d'illusions se brisant. Ça fait un peu comme la vitre, mais en plus sourd.) Qu'à cela ne tienne mon grand, tu te charges du prochain numéro ? D'accord, acquiesça-t-il après que nous eûmes convenu d'honoraires pharaoniens. Ce jeune cré... Hûm. Ce jeune artiste plein de talents et bientôt plein de mes euros avait raison bien sûr. Nous n'avons pas du tout à rougir de l'aspect des numéros de Scribulations sortis jusque là mais je ne doute pas que le prochain sera visuellement plus cohérent, mieux structuré. Du moins si Tim consent à revenir des Bahamas où il boit sur la plage des Piña Colada du matin au soir, entouré de créatures de rêve...

 

Quoi d'autre dans la formule magique ? Le prix. Scribulations est vendu 10€, ni plus, ni moins. Ou alors c'est qu'on vous l'a offert. Ou que vous l'avez volé. D'ailleurs, oui, il m'en manque un. Que personne ne sorte. Dix euros, les frais d'acheminement étant à la charge de l'acheteur, c'est bien. On est au dessus du prix d'une revue, en deçà du prix d'un livre et donc dans un entre-deux qui convient tout à fait. L'impression noir&blanc. Là, outre l'idée du livre, se sont imposé aussi des nécessités plutôt économiques, mais il n'est pas exclu qu'à terme, nous puissions nous offrir quelques pages couleur. Ce serait d'autant plus intéressant que Scribulations étant assez richement illustrée, la couleur offrirait plus de possibilités, certaines oeuvres abandonnant beaucoup de leur intérêt en passant en noir&blanc. La publicité. Y'en a pas. Du moins pas sous forme d'espace payant. On fait quand même une large place aux autres publications de nos auteurs et illustrateurs. Ceci dit, si Monsieur Coca Cola me lit, je ne demande qu'à négocier.

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26.07.2009

Dessin nu

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L’avantage des vacances, c’est qu’on a le temps de réparer des oublis. Je ne vais pas chercher les raisons de l’absence du blog de Iss’n’kor dans ma liste de liens : il n’y en a pas. Je l'ajoute immédiatement. Si vous ne le connaissez déjà, vous irez donc là-bas admirer le très large spectre du talent de Sylvain Cnudde.

 

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25.07.2009

Denise LACH - Calligraphies

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Et là, au château de Voguë, une citadelle ratant à l’intérieur ce passage du Moyen-âge à la Renaissance qu’annonçait pourtant de façon prometteuse les façades, je tombe en arrêt, patte levée, œil fixe, truffe humide et poil brillant depuis la douche du matin, sur une exposition de calligraphies contemporaines, ou plutôt, au sein d’une expo plutôt sans grande surprise, sur le magnifique travail de Denise LACH puis sur l’idée en forme de « Bon sang ! Mais c’est bien sûr ! (Comment n’y ai-je pas pensé avant, niais que je suis) - selon laquelle la calligraphie est À L’ÉVIDENCE une source à privilégier pour trouver des illustrations pour Scribulations, puisque notre revue est dédiée à l’écriture. Si si, je vous assure, à condition de bien choisir et de ne verser ni dans la néo-calligraphie arabe dont perso j’ai quasi l’indigestion, ni la pure démarche décorative, ça pourrait être très bien. D’ailleurs, c’est cet irréductible attachement au texte et au sens qui m’ont accroché chez Denise LACH, les autres qualités de son travail étant l’originalité et la diversité. Depuis, je cherche ses coordonnées (un peu vainement jusque là, mais j’ai encore deux trois palangrottes qui floutouillent sur le Net). Du coup, je reproduis ici des photos prises sur place, mais sans avoir rien demandé à personne. Si problème : me contacter.♣

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(Nota bene du 26 juillet - Terres d'écriture m'a commmuniqué l'adresse de Denise Lach. Mille mercis !)

(Nota bene du 8 août - Denise Lach, de retour d'un stage qu'elle animait, organisé par l'université de Laval (Q), me remercie de mon courrier : Ce n’est pas toujours confortable de renoncer aux...éléments décoratifs.  La prise de risque quant à une démarche épurée et réductrice est bien réelle car elle n’est pas toujours comprise et peu complaisante. Merci de votre regard et de vos paroles.)

 

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20.04.2009

Scribulations en ligne ? C'est un gag ?

 

Vous pouvez désormais lire en ligne des extraits des deux premiers numéros de Scribulations et voir à quoi ça ressemble en cliquant sur le titre ou sur l'image ci-dessous...

 

17.04.2009

Scribulations


 

Scribulations passe à table (ou Scribulations remet le couvert).jpg

Il y a un an, la revue Scribulations allait naître six mois plus tard…

 

Hé, mais hé ! On est bien le 17 ? Oui ? Alors ça fait un an jour pour jour que j’ai eu sous la douche matinale le déclic, l’impulsion, l’envie irrépressible de sorti ce qui n’était pas encore Scribulations (nous n’avons trouvé le nom qu’après) mais qui était déjà une revue au format livre, épaisse et belle, toute pleine des textes que nous avions écrit au fil des années sur différents groupes MSN. Un an après, nous avons eu notre très beau numéro 01-08 d’octobre et notre superbe numéro 01-09 de mars. Les deux sont encore extraordinairement dispos, mais pas forcément pour magnifiquement très longtemps.

 

Y’a pas un truc qui déconne dans le titre ?

Quoi ? Il est pas droit ?

Non, enfin si, mais non, c’est surtout que d’habitude, on prend la date de naissance comme date anniversaire, pas celle de la conception

Aouais ? Ben on devrait, parce que tous les parents te le diront, les conceptions, c’est quand même plus marrant que les naissances.

Oui mais alors, en octobre alors, ça va être l’anniversaire de quoi ?

Ben, celui du premier numéro !

Et ça se fête ça ?

Et comment ! D’ailleurs TOUT se fête !

 

 

 

Quelques articles-notes-billets de cet ici-blogue qui parlent de Scribulations

 

 

16.03.2009

Salon du livre, journée des professionnels

Ah ben voilà, ils sont revenus dans les rues les gens ! Ils ont du sentir ma légère inquiétude parce que toute la journée, les écarts entre eux et moi ont beaucoup diminué par rapport à hier, avec une distance nulle obtenue ligne 2 direction Porte Dauphine entre Pigalle et Place de Clichy vers 19 heures. Faudra que je pense à demander à Cat ou MiKla ce qui se passe Place Clichy pour que tout le monde descende toujours là.

Tiens ? Je crois bien qu’entre mon réveil et l’arrivée au salon après cet interminable trajet de métro dont je commence à avoir l’habitude, il ne s’est rien passé de notable. Si ! Ma religion est désormais faite : le thé du hammam rouge est décidément le meilleur parmi les thés trouvés ici. Je vous sens soulagés. Il est vrai que cette question était restée pendante depuis quarante-huit heures. Je vous sentais taraudés.

Au salon, c’est la journée des professionnels. C'est-à-dire qu’aujourd’hui, tous les zombis ont un badge. C’est moi ou je leur trouve l’air encore plus égarés que d’habitude ? On les dirait tous sous le coup d’une suggestion post-hypnotique, le regard flottant, comme tournée vers l’intérieur. Ils ne te voient pas. Ils ne t’entendent pas. Ils prennent mécaniquement de la doc sur le stand. Il faut leur dire trois fois « Bonjour ! » pour les ré-enclancher. Je n’ai compris qu’au cours de la journée pourquoi. C’est la journée des professionnels. Or donc, le zombi bosse. Il n’est pas là pour s’amuser mon p’tit gars. Il est en mission et dans ce marigot où il affecte de nager comme un poisson dans l’eau, son premier atout, la qualité qu’il doit absolument afficher comme signe évident de son accession au sommet de la chaîne alimentaire, c’est son aptitude à échapper aux prédateurs, ou aux sollicitations commerciales si vous préférez. Donc le zombi se fait étanche. Il te fond dans le décor. Ce n’est pas Roger qui me dira le contraire, après avoir tenté à dix reprises de placer un mot de Scrib à un type bien trop occupé de lui-même.

J’ai fini par trouver une accroche assez efficace, du moins pour les salonistes (saloneurs ?) qui ne passaient pas juste en coup de vent rafler de quoi retapisser quelque obscure tanière ou allumer leur feu : sourire + « dites moi » évasif. Du coup, ayant la parole, le zombi est bien obligé de rouvrir la porte du sas. « Dites-moi. » et là, fini la cape d’invisibilité jetée sur toi, le zombi cause. Alors bon, forcément, on a eu notre lot d’égarés, celui qui cherchait au stand Normandie des indications pour rejoindre le stand Rhône Alpes, comme si on avait appris le plan du salon par cœur : Rhône Alpes ? H27, tout droit et la troisième à gauche après Chalon sur Saône. Le routier ayant traversé plusieurs fois le Sahara qui avait entrepris de nous raconter chacun de ses voyages par le menu. J’avais essayé de nous désensabler en lui demandant : « Vous lisez quoi d’habitude ? » Raté. Réponse : « Rien. Pas le temps. » Puis au détour d’une dune, j’avais élargi encore plus, pensant trouver un terrain un peu moins mouvant : « Vous venez au salon pourquoi ? » Raté. Il venait chercher les DVD d’une série publiée par les éditions Atlas. Je ne me rappelle plus comment on s’en est débarrassé de celui-là. Y’en a un autre que j’ai planté là, le laissant aux soins de Pénélope, mais après nous avoir convaincu de l’intérêt du bilinguisme et d’apprendre à lire à deux ans, ils en étaient à se montrer les photos des enfants.

On a quand même eu, bien sûr, et heureusement, notre lot de vrais gens que nos ouvrages intéressaient. Des adresses prises, des livres vendus, jusqu’au presque dernier Routes enlacées qui est parti à 19 heures accompagné de Métaux lourds dans la besace d’un jeune homme fort sympathique.

Demain, pareil, plus nocturne jusqu’à 22 heures. Autant dire que je ne ferai pas le compte rendu dans la foulée, d’autant que le propriétaire des pantoufles débarque. Je pense qu’on ira se faire un resto…

15.03.2009

Scribulations au salon, deuxième jour

Autant vous dire que là, je me force tranquille, parce que je suis naaaaaze. Mais comme d’un autre côté je ne peux pas décemment me coucher à 20h30, ok, ok, je vais raconter.

Mais d’abord quelques messages personnels. Mélanie ? De Tours ? Au salon ? Mais tu n’y penses pas ! Rappelle toi le choc anaphylactique la dernière fois que tu as bu du champagne. L’érythème fessier géant, l’urticaire, l’œdème de Quinck, les convulsions, les yeux qui fument, les dents qui tombent (ou était-ce l’inverse ?). Mais ma pauvre, c’est parce qu’on TIENT A TOI qu’on ne t’a pas invitée !

Après, tous les commentaires concernant les variables d’ajustement et la question de savoir si les uns et les autres sont plus, moins, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou pas du tout comme on les imaginait, bah, on aura tout dit en répétant que vous ressemblez quand même beaucoup à ce que vous écrivez mais que vous êtes en vrai infiniment d’avantage mieux pluridirectionnels. Si j’osais une métaphore que ne renierait pas mon ami Bootz, qui m’héberge sans être là, - il est physicien spécialiste d’optique - je dirais que votre écriture est une sorte de faisceau laser alors qu’en vrai vous éclairez dans tous les sens. Tiens ? Je n’ai encore jamais traité autant de gens de tête d’ampoule sans qu’ils pensent immédiatement à me jeter des pierres.

Moi ? Mais moi ma pauvre, je suis capable d’endormir une nichée de crotales épileptiques rien qu’en leur racontant à voix haute ma journée de travail ! Pourquoi est-ce que tu crois que J’ÉCRIS ? Comment est-ce que tu crois que j’ai réussi professionnellement ? C’est bien qu’avec moi les mamans diminuent leur dose de Valium ! Je suis à deux doigts d’être remboursé par la sécu, moi madame ! À l’oral, j’ai le bâillement incoercible comme effet indésirable. Pi c’est pas d’hier : c’est moi qui était chargé d’aller raconter une histoire aux mômes quand ils allaient se coucher. C’est te dire l’entraînement ! On a mis trois ans à finir « La petite poule rousse »

Bref, comme le faisait (en substance) remarquer Michèle et Cat, avec qui j’ai passé l’après-midi, les scribulateurs, scribulatrices et associé-e-s sont peut-être tous un peu fêlés mais assez peu tordus. Je ne sais donc pas si vous êtes ressemblant, ni à qui, ni à quoi, mais je sais à quoi le prochain Scrib va ressembler si toi, toi et surtout toi n’écrivez pas plus.

Alors, alors, la journée… Déjà, j’ai dormi comme un bébé loir. Minuit-sept heures et demi sans escale. Me suis même pas demandé où j’étais en ouvrant les yeux. Pourtant, c’est assez étrange d’être chez quelqu’un, surtout quand il n’est pas là. Y’a plein de trucs et de machins bizarres, quoique tout à fait à leur place. Dans la douche, il y a par exemple un gros savon bleu en forme de poisson, probablement une sardine, avec Marseille écrit dessus. Pour rester dans le cabinet de toilette, il y a près du lavabo un savon à grumeaux, à moins que ce soit un savon aux céréales ? Les bords du (joli) lavabo sont inclinés de telle façon que tu ne puisse rien poser dessus. Dans la cuisine, y’a une quantité phénoménale de sortes de thés différents, que j’ai entrepris de tous essayer. L’évier n’a qu’un seul bac, mais tu pourrais y baigner un hippopotame tranquille. Dans les toilettes y’a un parfum de chiotte « fleurs de framboisiers » deux en un, qui neutralise les odeurs et parfume. Tiens, je vois que Mélanie ne comprend pas en quoi consiste le bizarre du déo. « La fleur de framboisier ne sent rien ? » hypothèse-t-elle. Peut-être. Mais tu peux me dire comment un truc qui neutralise les odeurs peut sentir quelque chose ? Dans la pièce, y’a un grand écran d’ordi, mais pas d’ordi. Tu me diras, Philippe doit balader un ordi portable. Ok, mais son ordi doit déjà avoir un écran, non ? À moins que ce boîtier énigmatique soit un lecteur DVD relié et cet autre un disque dur externe plein de films de… haut intérêt ? Y’a quasi pas de livres, mais pas mal de médocs. C’est vrai qu’Anne Marie, sa femme, est infirmière. Non, je n’ai pas ouvert tous les tiroirs, non je n’ai pas lu à quoi servaient les médicaments, oui j’ai trouvé les pantoufles, merci.

Après un petit déjeuner frugale à bases d’amandes et de thé aux 7 agrumes, c’est la variété la plus frugale que j’aie trouvée, et après avoir vérifié quatre fois que la feuille avec les codes étaient bien dans ma poche – pas celle là, l’autre – mis la clé sur mon trousseau, hop, direction le métro. Ils sont passés où les gens ? Pas une voiture ne circule, pas un passant ne piétonne, quasi personne dans la rame… Il me faut au moins trois stations pour me rappeler qu’on est dimanche. C’est vrai que ce n’est pas parce que je vais plus ou moins bosser que tout le monde est obligé de faire pareil. Je vous ai raconté la fois où je me suis demandé où ils étaient tous passés au bureau avant de m’apercevoir qu’on était le 11 novembre ? Ben là idem. Sauf qu’arrivé sur zone porte de Versailles, c’était nettement plus peuplé. Enfin… Dans les allées, parce que sur le stand des éditions La Madolière, personne. Je suppose que Mado a été retenue par ses préoccupations familiales (voir notre édition d’hier) et hop je m’improvise vendeur de livres.

Y’a un truc que j’ai compris assez vite, c’est que si tu ne sautes pas sur le client, c’est mort. Le problème, c’est de trouver comment laisser filer le simple badaud au regard torve que ta seule vue confirme dans l’idée que putain, ils ont invité n’importe qui cette année au salon, tout en permettant de sortir ton sourire B12 pour engager la conversation avec le potentiellement intéressé. Le truc est tout bête : s’il touche ne serait-ce que d’un doigt, un livre, un catalogue, une carte, tu harponnes. Là, tous les moyens sont bons, MiKla et Cat ont visé tout ce qui pouvait apparaître comme partie sensible, cœur, estomac, cerveau… Tout, j’ai tout entendu : « Si vous restez plus de trois minutes, vous avez droit à un chocolat. » « Si vous ne nous achetez pas le deuxième numéro de Scrib, y’en aura peut-être jamais d’autres. » Est-ce que ça a marché au moins ? Mouais. On en a vendu cinq ou six à trois. Certes, je gagne plus en restant tranquillement chez moi, mais c’est nettement moins marrant.

L’anecdote ! L’anecdote ! Me réclame à cors et à cri la foule des quatre lecteurs égarés sur ce blogue. Cat voit passer devant le stand un septuagénaire dont elle reconnaît l’œil bleu vif pour l’avoir vu moult fois à la télé. Elle se retient de ne pas sauter dessus pour lui dire : « Monsieur Dutourd, j’adore tout ce que vous faites » et elle fait bien : c’était Jean D’ormesson. Bah, pour le prénom au moins elle avait bon. Nos parisiennes s’accordent pour le trouver encore séduisant, peut-être même pétillant, mais encore faudrait-il, suggère MiKla, le secouer un peu pour ça. Nous aurons la charité de ne pas lui demander ce qu’elle entend exactement par « secouer ».

Puis finalement la journée passe. Roger et Cathy viennent nous rejoindre, dépités par le décalage encore une fois constaté entre les utilisateurs (y compris professionnels) d’Internet et de la réalité virtuelle et l’absolue incompétence des décideurs en la matière. On remballe à 19 heures. Roger reste introuvable. Va quand même falloir se décider à lui greffer un GPS. Demain lundi : journée réservée aux professionnels. C’est quoi est-ce ? Aucune idée.

14.03.2009

Les tribulations de Scribulations au salon

Salon du livre 2009.jpg

 

 

C’est marrant de voir les gens en vrai. Je crois que j’aime bien. C’est les mêmes, mais avec le volume. Avant, on les connaissait comme en deux dimensions seulement et là, pouf, y’a la profondeur, le son, le relief et le mouvement.

C’est surtout ça que j’attendais de cette journée, plus que le salon du livre lui-même, qui est une sorte de marché aux légumes sans légumes, un salon de l’auto sans loto, une foire aux bestiaux sans… ah ben si, y’en a. Foule et brouhaha (mais brouhahaha aussi, quand même), ambiance cafétéria mais sans rien à manger ou presque (heureusement, MiKla avait prévu le brownie et Pénélope le champagne.)

Sur le trajet, je passe rapidement. Train Villefranche-Dijon avec arrêt dans toutes les gares, puis trois quarts d’heure d’attente pour le TGV, celui-là direct jusqu’à Paris. Mais bon, suis parti à presque huit heures pour arriver à quasi 11h30, ça va. (Dormi une bonne parti du trajet, surtout dans le TGV. Sans doute un vieux reste du conditionnement de l’époque où j’allais à Paris toutes les semaines bosser à mi-temps. Je crois que j’avais fini par ne même plus me réveiller complètement entre chez moi et le train, pour reprendre ma nuit exactement où je l’avais laissée. D’ailleurs j’avais tellement mes habitudes dans ce TGV qu’un jour, en entrant dans la rame, j’avais été surpris qu’il n’y ait pas de paillasson à l’entrée…)

A l’arrivée gare de Lyon, puis en allant chercher le métro, j’ai trouvé les parisiens moins agités que dans mon souvenir. Tiens ? Je n’ai parlé à personne depuis mon réveil et jusqu’à ce qu’Aline me rejoigne à la sortie de la station « Grands Boulevards ». Je crois bien que je n’ai entendu parler français que dans les hauts parleurs de la SNCF. Dans le train, dernière moi, mon voisin emploie au téléphone un savoureux mélange d’arabe et de français, passant de l’un à l’autre très naturellement plusieurs fois dans la même phrase. Dans le métro, en face de moi une mère et sa fille échangent en turc (ah mais si, la demoiselle répond au téléphone en français). Elles ont été remplacées par une famille italienne qui déchiffre le nom des stations. Qui deviennent alors chacune une destination inconnue, une aventure. Y’a toujours plein d’invités à Paris et aujourd’hui, je le suis aussi.

Aline me reconnaît sans problème. Elle était sûre de me trouver là, sortant d’une bouche de métro. Perso, je ne sais pas si je l’aurais identifiée sans peine. La coiffure. Sur l’image que j’avais en tête, elle avait les cheveux mi-longs et plus foncés. On se dirige vers la rue de Cat où nous sommes rejoints par Michèle, qui se doutait bien que c’était nous.

Très chic la rue de Cat, l’appart aussi d’ailleurs ; On s’installe confortablement dans son salon salle à manger, une pièce immense, très claire, peinte en blanc, dans laquelle de beaux objets sont mis en valeur. Tiens ? Voila le coffre tibétain dont elle parlait, et la cheminée qu’on avait vu en photo, et le ficus qu’a crevé, et les chats. On fait bien sûr connaissance avec la famille, Monsieur, intéressé par tout, les enfants diaphanes et aériens – mais non Mélanie, ce ne sont pas leurs prénoms ! – et Cat bien sûr, la gentillesse et le naturel même qui compose, avec MiKla, comme je le soupçonnais, un duo redoutable de choc et de charme. Cathy, alias Harfang nous rejoint, bientôt suivi de Roger, en pleine bourre du fait d’une présentation de la bibliothèque francophone de Second Life à La Villette, où il filera après le repas, nous laissant aller de notre côté au salon du livre.

Enfin, enfin, à l’apéro, je tiens notre Scribulations 01-09 entre les mains et une coupe de champagne de l’autre. C’est vrai qu’il est assez réussi, mais avec (peu mais trop) d’inexplicables « bugs » sur lesquels il faudra que je revienne parce que je parierais volontiers ta chemise – je n’en porte pas - que le fichier PDF n’était pas exactement comme ça. En plus, j’ai l’impression que celle-ci bavouille un peu par endroit, mais bon, ne boudons pas notre plaisir, nous avons quand même de quoi être légitimement fiers du résultat.

Un bon repas plus tard, entièrement cuisiné par Cat (il parait quelle s’y risque rarement. Non, pardon : il parait qu’elle y risque rarement ses invités. Elle nous avouera plus tard qu’elle ne voit pas trop à quoi sert la flotte pour les œufs à la coque. J’ai l’impression qu’elle a tout appris à Mélanie en matière de cuisine…) nous voilà partis pour the salon of livre. Sur place, nos pass à code-barre font merveille. Une machine les scanne et les transforme illico en badges plastifiés, avec nom, prénom et « auteur en dédicace ». ‘tain ! La clâââsse. Pour ceux qui doivent payer leur entrée, c’est un peu plus laborieux. Faut dire que même dehors, c’est déjà un peu la méga foule.

On trouve le stand Normandie sans problème et Pénélope, fidèle au poste, ayant déjà appelé chez moi pour savoir ce que je foutais merde t’a vu l’heure. Pour elle aussi, le passage en trois dimensions tourne nettement à son avantage. Oui, voilà, c’est une toute jeune femme. Elle a vingt ans et nous, ensemble, plusieurs siècles. Au deuxième raz bord, elle est plutôt sympa et dévouée, pleine de gentilles attentions, comme par exemple le champagne rosé (Ah ben oui, tiens ? j’ai bu du champagne toute la journée en fait…) Le stand est accueillant. Y’a des piles de Scribulations hautes comme ça, surplombant trois malheureux « Routes enlacées ». Ce sont les derniers.

On passe les longues heures suivantes à attendre le client. Cat déploie des trésors de conviction pour entretenir la moindre lueur d’intérêt dans l’œil du chaland qui passe et la convertir en achat compulsif. Michèle les attire au brownie et on occupe les temps morts en se dédicaçant les uns les autres nos exemplaires, ce qui occupe quand même bien les neurones, surtout quand on veut personnaliser un peu. Nous sommes rejoints par Sylvain, que Pénélope engueule presque de n’avoir pas renvoyé son contrat d’illustrateur. Heu… Péné, on se calme, Sylvain n’a pas de dessin dans Scrib 01-09. Sylvain, adorable lui aussi (Ah ben oui, tiens ? J’ai passé ma journée avec des gens adorables en fait…) entreprend de dessiner un petit quelque chose sur chacun des exemplaires qu’on lui passe.

On pense beaucoup aux absents, mais si tout va bien, ils recevront soit leur exemplaire multi-dédicacé, soit une carte postale signée de nous autres.

Bon, allez, j’avoue. J’ai lâchement profité que la journée de Pénélope ait été déjà très largement pourrie dès le matin (par la gueule de bois de la veille, de très mauvaises nouvelles concernant la santé de son papa, un accident auquel elle a assisté sur l’autoroute) pour lui glisser entre deux que j’étais aussi là pour chercher un éditeur pour Io, que je ne comptais pas éditer chez elle. Elle l’a pris… plutôt bien. Mais je crois que j’ai quand même intérêt à me méfier de ce quelle tentera de me faire boire et manger demain…

N’empêche, n’empêche, j’ai dédicacé un « Route enlacées » à une certaine Bénédicte, qui a beaucoup aimé le livre. Et quelqu’un qui vous dit les yeux dans les yeux qu’il vous aime – oui, bon : qu’il aime ce que vous avez écrit – ben ça fait rudement plaisir. Sinon, mais ça on s’en doutait déjà, les scribulateurs sont vraiment des gens formidables. Eux, leurs proches et ce soir parce que je suis au chaud, tranquille, qu’un pieu m’attend et que je suis en vacances, l’humanité toute entière. Mais oui, même toi, toi et toi. Profite, si ça se trouve, demain il pleut.